Colloque Européen 2010

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" Comportement inadapté des élèves : un défi pour nos écoles "  

De tout temps les écoles ont connu des élèves indisciplinés et perturbateurs qui ne respectent pas l'ordre scolaire et résistent à l'autorité.

Malgré leur scolarité chaotique, certains parmi ces élèves sont devenus des citoyens respectables et respectés. Aujourd'hui, la lutte contre l'échec scolaire impose à l'école d'être davantage vigilante et inventive face au problème des élèves perturbateurs. Ces élèves difficiles sont des élèves en difficulté dont l'école doit s'occuper. Ils souffrent de difficultés familiales, de difficultés d'apprentissage, de conflits et de malentendus avec les enseignants ou l'institution école.

Il n'est donc pas question d'abandonner ces jeunes à la spirale de l'échec et de l'exclusion.

D'un autre côté, l'attente des parents des autres élèves est tout aussi légitime. Ces élèves ont un droit que l'école se doit de protéger, c'est le droit de recevoir un enseignement qui n'est pas mis en péril par de graves perturbations. Là non plus, il n'est pas question de priver ces jeunes d'un enseignement de qualité.

Le colloque de l'AFIDES Europe a tenté d'éclairer la situation telle qu'elle se présente en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg.

Les chefs d'établissement se sont interrogés à la fois sur les pistes de solutions empruntées par leurs collègues si elles sont de la responsabilité et de l'initiative des établissements et sur les pistes adoptées et préconisées par les institutions et les autorités.

 

 

 

 

 

Professeur en IUFM, chercheur associé en Sciences de l'éducation à l'Université Paris X-Nanterre, président de l'Observatoire déontologique de l'enseignement, Gilbert Longhi est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Pour une déontologie de l'enseignement (ESF Editeur, 1998), Décrocheurs d'école (Editions de La Martinière, 2003), Pas envie d'aller à l'école (Editions de La Martinière, 2004), La république lycéenne (Payot-Rivages, 2006). Il a créé pour 250 jeunes décrocheurs sept classes expérimentales afin de les remotiver.

 Le décrochage scolaire (Gilbert Longhi)

Décrochage ou décroché ?

Difficile à définir et différence sur les statistiques !
Motifs de décrochage donnés par les jeunes :
" arbitraire de l'affectation et du niveau (injustice)
" cruauté des enseignants (autoritarisme, évaluation, comportement)
" carences de leur établissement (absence des enseignants, file d'attente à la cafétaria !, photocopies, etc.)
Attitudes dominantes des responsables :
" Deni de dérocheurs
" Réorientation
" Compassion passive : on sait mais on ne fait rien
" Vision " médicale " : c'est un problème non scolaire
Le passage de l'école à la formation professionnelle pour des élèves en décrochage est une trahison : les matières enseignées (maths, français, etc.) sont les mêmes !
Les entreprises privées (églises, associations, tec.) doivent gérer ces élèves en décrochage
Nous sommes tous inducteurs du décrochage dès que l'on met un pied dans l'école !
Nous sommes des porteurs du rejet de l'école. Exemples :
" on abuse du redoublement or l'on sait que cela ne sert à rien !
" on reproduit toujours le schéma des trois groupes : des bons, des moyens et des mauvais !
Quelques pistes :
" Admettre que l'on n'est pas des robots et donc adapter l'assiduité (effet de suspension durant un certain temps)
" Accorder un moratoire : effacer le passé quand l'élève est en situation de décrochage, lui redonner sa chance sans antécédents
" Favoriser le vecteur généalogique : rencontres avec différents types de personnes.
Objectifs :
" Majorer son rêve ! (ne pas se sous-estimer même si l'école l'a poussé à cela)
" Faire diminuer l'absence de parité : exemple : dans le bâtiment, il n'y a que des " noirs " !
" Travailler sur une déontologie de l'enseignement

 Jean -Luc Tilmant spécialisé en problèmes de violences et d'absentéisme à l'école et en institutions /

Supervisions et formations diverses : stratégies et dispositifs pour canaliser la violence, institutionnalisation de SAS d'écoute, de sas de décompression, d'équipes pédagogiques, de cellules " absentéisme ", de cellules " Assuétudes ", de classe " sas ", de classes à rythme différencié et d'écoles démocratiques.

Actuellement, toujours enseignant au Lycée François de Sales à Gilly (Charleroi - Belgique) depuis 1984. Voici une liste non exhaustive de mes activités dans cette école :

animateur de la Pastorale d'élèves et d'enseignants pendant 5 ans ;
coordinateur de l'équipe pédagogique en 2P FOBA durant 6 ans ;
coordinateur du SAS de décompression et d'écoute pendant 4 ans ;
création d'un cours d'activités pratiques en jardinage ;
coordinateur des stages des métiers en 3 et 4 P ;
création de cours modulaires et acteur de la pédagogie différenciée en cours pratiques et théoriques ;
travaux scientifiques sur différents sites : Ruines de Montaigle, Natoye, …
formations pratiques en monitorat pour collectivité d'enfants (psychologie et communication) ;
projets entre les 7P et des écoles maternelles pour la création de journées ou de camps " Nature " ;
création de cours différenciés en 5ème et 6ème AFS (Auxiliaires familiales et sanitaires).
Gestion et coordination des conseils de citoyenneté dans l'école démocratique et de la classe " SAS ".

 Le serment d'Harpocrate (Jean-Luc Tilmant)

Le serment d'Harpocrate est l'ensemble des silences destructeurs
" Le silence qui touche aux valeurs (les jeunes n'en ont plus, ce n'est pas vrai)
" Le tabou à propos des conflits et des émotions
" Le silence à propos des chahuts qui dégénèrent
" Le silence sur l'absentéisme
On ne fait pas l'économie d'une cohérence d'établissement !

Questionnaire passé à 100 élèves, 100 éducateurs, 100 professeurs et 100 directeurs.
Points communs ?: oui : les valeurs (ne supportent pas le mensonge par exemple)
Objectifs : retrouver le plaisir de vivre ensemble dans une ambiance respectueuse, le plaisir de découvrir.
Ecole citoyenne : (il faut la vivre pas l'apprendre)
" Mise au vert pour apprendre à s'écouter, ne pas se couper la parole
" Organiser des mini-forums (20-25 élèves) sur qu'est ce que vivre ensemble ? Les mots qui reviennent sont tolérance, respect. On définit donc la loi.
" Créer des logos
" Faire la fête tous ensemble en lisant la loi avec des intermèdes
" Construction d'un conseil de citoyenneté
Et voilà une école démocratique !
Zone sensible : on parle des Tédjalà (peu d'espoir, mauvaise opinion, échecs, frustrations, ils se regroupent)
Un gosse sent l'intolérance !
Modifier deux paradigmes :
" Admettre que de plus en plus d'enfants ne sont pas scolarisables (
" Intégrer que ces gosses ne fonctionnent pas selon le paradigme de l'ordre !
Un élément important : le cadrage avec la rédaction d'un contrat. Tout se négocie sauf la loi !
L'accueil au Conseil : rôle des ceintures noires qui parrainent le nouveau et l'impact du collectif pour l'intégration de la loi.
Tous les jours s'exprimer mais également le consigner par écrit
Il faut aussi créer des espaces de décompression pour se détendre ou d'autres cellules (écoute, absentéisme, accrochage)
La thérapie du choc : placer l'élève dans des situations sans aucun repère.
Pédagogie et reconstruction : postulat de Burns, évaluation adaptée.
La pédagogie n'est pas une fin en soi, elle doit s'imprégner de différence, elle est centrée sur l'autorité pas le pouvoir.